Face à la hausse des prix alimentaires et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement, Djibouti plaide pour une réponse régionale concertée. Le ministre de l’Économie et des Finances, chargé de l’Industrie, M. Ilyas Moussa Dawaleh, a défendu cette approche le 15 octobre, lors d’un panel de haut niveau organisé par le Fonds monétaire international. Objectif : mutualiser les ressources et les capacités des pays de la Corne de l’Afrique pour renforcer leur sécurité alimentaire.
La sécurité alimentaire ne peut plus être considérée comme une simple question d’approvisionnement. Elle est désormais un enjeu économique, budgétaire et stratégique, particulièrement pour les pays les plus vulnérables.
Lors de ce panel organisé par le FMI, les échanges ont mis en lumière les conséquences de la flambée des prix, des chocs climatiques et des tensions géopolitiques sur l’accès aux produits de première nécessité.
Prenant la parole au nom de Djibouti, M. Ilyas Moussa Dawaleh a rappelé la vulnérabilité d’un pays qui dépend entièrement des importations alimentaires. Les perturbations des circuits commerciaux régionaux et des grandes plateformes logistiques du Golfe ont des répercussions directes sur son approvisionnement.
Face à ces défis, le ministre a présenté l’ambition de Djibouti : mettre ses infrastructures portuaires, ses corridors de transport et ses capacités de stockage au service d’une stratégie régionale de sécurité alimentaire.
Il a notamment plaidé pour des investissements communs entre les pays de la Corne de l’Afrique, en valorisant les complémentarités de la région : les ressources halieutiques et aquacoles du littoral, les terres arables des pays voisins et le potentiel logistique de Djibouti.
Une coopération qui, selon le ministre, suppose avant tout la paix et la stabilité dans une région régulièrement confrontée aux conflits et aux déplacements de populations.
« Les pays de notre région ont toutes les ressources pour construire ensemble leur sécurité alimentaire. Nous devons mettre en commun nos avantages comparatifs, avec l’appui de nos partenaires, pour répondre à ce défi chez nous », a déclaré M. Ilyas Moussa Dawaleh.
L’expérience somalienne a également illustré l’importance de mécanismes de réponse anticipée. Le ministre des Finances de Somalie a évoqué les conséquences des sécheresses, des inondations et du recul de l’aide internationale. Il a notamment mis en avant un dispositif de transferts monétaires reposant sur un registre social numérique et le paiement mobile.
Au terme des échanges, Djibouti a appelé ses partenaires internationaux, notamment la Banque mondiale et l’Union européenne, à renforcer leur soutien. Un plaidoyer pour une réponse collective à une crise qui dépasse les frontières nationales et appelle une coopération durable à l’échelle régionale.