15/09/2026
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L’économie djiboutienne pourrait connaître un tournant important. Ce dimanche 13 septembre 2026, le Groupe de la Banque mondiale a officiellement présenté la version actualisée de son Diagnostic-Pays du Secteur Privé (DPSP) 2.0, lors d’un atelier organisé au siège de la SIHD, en présence de hauts responsables du gouvernement et de représentants des institutions financières internationales.

Présidée par le ministre de l’Économie et des Finances, la cérémonie a réuni notamment le Dr Djama Mohamed Hassan, ministre de l’Énergie, chargé des Ressources naturelles, Mme Fatou Fall, Représentante résidente du Groupe de la Banque mondiale, Mme Mariam Hamadou, ministre déléguée chargée des Investissements et du Développement du secteur privé, ainsi que M. Ary Naïm, Directeur régional de la Société Financière Internationale pour l’Afrique du Nord et la Corne de l’Afrique. La cérémonie a également été marquée par la présence de M. Ousmane Dione, Vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour la région MENAAP.

Le rapport relève que, malgré une croissance économique robuste de 5,3 % par an entre 2016 et 2024, Djibouti demeure confronté à des défis structurels importants et à une diversification économique encore limitée. Le secteur privé, moteur essentiel de la création d’emplois, reste notamment confronté au coût élevé de l’électricité, aux difficultés d’accès au foncier viabilisé et à un accès limité au financement pour les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME).

Pour contribuer à inverser cette tendance, le DPSP 2.0 identifie trois secteurs stratégiques susceptibles de stimuler l’investissement privé et la création d’emplois : l’énergie solaire hors réseau, les centres de données et le tourisme.

Dans le domaine de l’énergie solaire hors réseau, Djibouti entend développer des solutions décentralisées afin de répondre aux insuffisances du réseau électrique, avec pour objectif d’atteindre 100 % d’électricité verte d’ici 2035. Selon les estimations du rapport, la levée des contraintes réglementaires pourrait permettre de mobiliser jusqu’à 395 millions de dollars d’investissements et de créer environ 8 700 emplois en cinq ans.

Le secteur des centres de données constitue également un important potentiel de développement. Avec ses huit câbles sous-marins, Djibouti dispose d’atouts pour renforcer sa position de hub numérique régional. Le développement de centres de données neutres vis-à-vis des opérateurs pourrait attirer entre 160 et 240 millions de dollars d’investissements et générer quelque 1 300 emplois.

Le tourisme, notamment l’écotourisme autour du Lac Assal et de la Forêt du Day, ainsi que le tourisme d’affaires, figure également parmi les secteurs à fort potentiel. La simplification des procédures d’octroi des licences et le renforcement des compétences de la main-d’œuvre locale pourraient favoriser jusqu’à 180 millions de dollars d’investissements privés et contribuer à la création de 2 600 emplois.

L’atelier a également été marqué par un échange avec les acteurs locaux, qui ont pu réagir aux recommandations formulées dans le rapport. Pour M. Ousmane Dione, Vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour la région MENAAP, l’enjeu consiste notamment à faire évoluer Djibouti d’une économie essentiellement fondée sur le transit vers une économie de production diversifiée, portée par un secteur privé dynamique et compétitif.

Le rapport final sera soumis aux autorités et devrait servir de référence pour l’élaboration des politiques publiques au cours des trois à cinq prochaines années. Le lancement du DPSP 2.0 constitue ainsi une étape importante dans la stratégie de diversification économique de Djibouti, avec pour principal objectif de favoriser l’investissement privé et la création d’emplois.

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